Fragments d'histoire(s), de mémoire(s) d'une rue de Belcourt (ALGER) dans les années 1940/1962
RUE DARWIN (ALGER)
<< Je l’ai entendu comme un appel de l’au – delà : « va, retourne à la rue Darwin.. » j’en ai eu la chair de poule >>
…le narrateur décide de retourner rue Darwin… « Le temps de déterrer les morts et de les regarder en face » est venu.
*************************************************************************************
(Citations reprises par diverses critiques littéraires du roman
de Boualem Sansal « Rue Darwin »).
*****************************
Ce blog ne répond pas à un appel de l’au – delà mais plutôt à un besoin qui s’est fait jour il y à quelques années de cela avant de devenir une certitude et qui est, aujourd’hui, une nécessité.
Il n’a d’autre ambition que celle d’être un espace de souvenirs et de rappels ouvert à ceux qui ont vécu à la rue Darwin pendant la période 1940-1962.
Aucun mort ne sera déterré pour être « regardé en face » dans ce blog qui se veut, avant tout, un hommage aux Martyrs de la rue Darwin que l’on n’a pas oubliés et qu’il convient de rappeler à la mémoire de tous en ce 50ème anniversaire de l’Indépendance de l’Algérie.
L’hommage va également à ceux qui sont sortis indemnes des tortures enduréesdans les « villas » et autres casernes et à ceux qui nous sont revenus sains et saufs des maquis.
La rue Darwin (prononcer DARVIN) située à ALGER, dans le quartier de Belcourt, avait cette particularité d’être une enclave presque exclusivement algérienne dans un quartier européen.
En effet, les habitations portant les numéros 19 à 33 et 18 à 40 étaient habitées par des familles algériennes alors que les autres maisons et immeubles étaient occupés par des familles d’origine européenne.
Compte tenu du mode de vie de l’époque, des souffrances endurées et des moments de bonheur volés à la destinée, les habitants de la rue Darwin avaient noué des relations d’une qualité que l’on ne saurait précisément qualifier aujourd’hui.
De par leurs relations, ils ont constitué, à la longue, une sorte de « tribu » composée de familles originaires d’horizons divers tels que Birkhadem, Tablat, Sétif, Guenzet, Béjaia, El Aouana, Ghardaia, Mascara, Mostaganem, Sour El Ghozlane, Biskra, Ouargla….
Les liens qui avaient été tissés à l’époque entre ces familles, notamment pendant la période 1954-1962, sont restés très forts et résistent à ce jour à l’usure du temps.
Cette « tribu » considérait également comme membres à part entière quelques familles algériennes qui habitaient dans les rues adjacentes ou parallèles telles que la rue Marey, l’allée des Mandariniers ou la rue Julienne (familles apparentées) ou d'autres familles qui avaient été hébergées momentanément chez des proches (familles alliées).
La plupart de leurs garçons et filles ont fait leur enseignement français dans les classes primaires de l’Ecole Darwin qui se situe presqu’à l’angle que forme cette rue avec la rue Julienne (l’entrée de l’école des filles se situait dans l’impasse Depeille).
Quand à l’enseignement en arabe, il se faisait auprès de Cheikh Nouri dans une salle située au n° 29 de la rue Darwin ainsi qu’au niveau de la Médersa ouverte Allée des Mûriers sous les auspices de Cheikh Larbi Tebessi et dans laquelle ont officié les Cheikhs Ahmed et Zoubir Hafid ainsi que Cheikh Derradji Bourouis.
Alors !..... le ton est donné,
vos souvenirs, vos photos et autres documents seront les bienvenus dans ce blog qui ne peut que s’ouvrir sur les noms de nos Martyrs.
TAFA,
ALGER 16/02/2012
Merci, de signaler toute omission ou erreur.
HOMMAGE ET GLOIRE A :
ABBOUR Azeddine
BENADOUDA Abdelhamid
BOUCHAKOUR Youssef
DJELLOUDI Djelloul
LABSI Ali
LALLEM Tahar
MEGUENI Mustapha
SOUILAH Abderrahmane
ZERIBI Mahmoud